à propos

Anne Weis

C’est un parcours en boucles organiques qui a amené Anne Weis à cheminer entre deux passions, le bien-être en mouvements et la maîtrise du corps d’une part, les arts du tissu de l’autre. Ces deux passions sont aujourd’hui matérialisées l’une dans l’asbl Chatura, l’autre dans la ligne de vêtements en chanvre et teintures végétales, An’tchi.

Anne commence la danse classique dès la petite enfance. En parallèle, émerveillée par les travaux de couture de sa grand-mère et de ses compagnes, elle commence à coudre à l’âge de 11 ans.

Elle passera ensuite par la danse moderne, contemporaine et par le yoga avant de découvrir, à 17 ans, la danse indienne sous sa forme du Bharata Natyam. Ce travail corporel très poussé, l'utilisation de toutes les parties du corps, la maîtrise de chaque muscle indépendamment des autres ainsi que le côté narratif la captivent.

En 1979, elle part en Inde pour étudier le Bharata Natyam, rencontre des obstacles qui l'en empêchent, mais profite de cette occasion unique pour visiter ce pays de la taille d’un continent, qui l'ouvre à l'Orient et à son savoir. Elle y rencontre les arts du textile, mais aussi l’impact de l’arrivée des Britanniques en matière d’industrialisation et d’éthique, la transformation du travail des artisans en travail à la chaîne dans des conditions déplorables, l’ayurvéda (médecine traditionnelle indienne) et l’importance d’une alimentation fraîche et diversifiée ou encore la recherche gandhienne de l'autonomie. Après ce premier voyage, elle retournera régulièrement en Inde.

Anne décroche un certificat de coupeuse et met cette formation en pratique en tant que costumière pour plusieurs petites compagnies théâtrales. Plus tard, elle délaissera quelque peu les textiles pour se tourner vers la floriculture, mais finira par allier ces deux pôles...

En 1988, Anne découvre le Taijiquan avec Maître PanWen Jun. Elle trouve dans cet art martial chinois ce qu’elle cherche depuis toujours dans les pratiques corporelles : un approfondissement accru du lien entre le corps et le cérébral, la détente profonde obtenue par les pratiques internes et une autre approche de la santé.

Depuis 1992, elle est secrétaire à l’Université libre de Bruxelles. De 1995 à 2000, dans le cadre du programme Avenir des Peuples des Forêts tropicales – APFT, elle est amenée à découvrir les problématiques des forêts tropicales. Elle complète sa prise de conscience en visitant le Cameroun, est témoin du déboisement intempestif par les pays industrialisés, de l’avenir très précaire laissé aux peuples primo-arrivants, constate le néo-colonialisme d’une mondialisation libérale qui semble n’avoir d’avantages que pour le monde occidental.

Elle choisit de nourrir et de partager sa quête de bien-être et crée l’asbl Chatura. Elle organise des cours de Taijiquan et des ateliers de couture.

En 2003, après plus de 20 ans d’apprentissage et d’enseignement de Taijiquan des styles Yang et Chen, Anne se rapproche des pratiques thérapeutiques taoïstes avec Tian LiYang, maître taoïste de la 15e génération des Wudangshan, berceau des arts martiaux internes. Il lui enseigne sa pratique spécifique du Qi Gong thérapeutique taoïste ainsi que le Wudang Michuan Taijiquan. En 2005, elle commence une formation en médecine traditionnelle chinoise (Tuina et Anmo) dont sont issues toutes ces pratiques.

Elle s’intéresse alors au textile de chanvre, fibre dont la culture ne pollue et n’assèche pas les sols mais, au contraire, les régénère, et décide d’en faire la promotion.

Mais c’est la rencontre avec les teintures végétales sur textiles cellulosiques issues de l’art des peuples des Premières Nations de Colombie britannique (Canada) vivant complètement en harmonie avec leur environnement qui lui fait découvrir l’incroyable variété des matières premières et toutes les possibilités offertes par ces palettes harmonieuses. Michel Garcia, le magicien chimiste, deviendra son maître teinturier. En 2009, elle développe une ligne de vêtements en textile de chanvre et teintures végétales, An’tchi, naturellement made in Belgium.