l'harmonie subtile des couleurs végétales

Depuis la nuit des temps et partout dans le monde, l’homme a cherché à colorer ses vêtements en extrayant des couleurs des plantes qui l’entourent. Partout, il a mis au point des techniques de teinture et inventé des techniques d’impression pour valoriser et diversifier les teintures, en cherchant en général à respecter la nature.

Le désir de colorer les vêtements, leurs parures, aura aussi poussé nos ancêtres à chercher des plantes tinctoriales très loin de chez eux et, parfois, à piller des écosystèmes d’essences aujourd’hui pratiquement disparues.

De plus, l’histoire de la teinture et de la colonisation sont étroitement liées...

Au 19e siècle, ces recettes de teinture naturelle ont été remplacées par des procédés chimiques beaucoup plus nocifs, tant pour l’environnement que pour ceux qui les travaillent. Ici encore, il fallait participer à l’accroissement des industries pharmaceutiques en négligeant complètement la vie des travailleurs et celle de la planète…

Les teintures végétales permettent d’éviter la toxicité résultant de l’utilisation de produits chimiques lors des processus de coloration et de fixation ainsi que d’échapper aux allergies provoquées par les substances chimiques. L’utilisation de certaines essences de plantes en teinture pourrait même avoir un effet curatif sur certaines pathologies ; ces essences pourraient donc être utilisées de manière thérapeutique...

à l'atelier

- nous utilisons un maximum de plantes indigènes en veillant à respecter la biodiversité

- nous privilégions aussi les teintures à base de plantes invasives que nous récoltons en saison

- les plantes tinctoriales étrangères sont achetées dans le cadre de projets éthiques (voir Maiwa website)

- nous excluons évidement tous les mordants trop polluants, y compris l’hydrosulfite généralement utilisé pour l’indigo (pour ce dernier, nous procédons à une fermentation) 

- nos bains de teinture ne sont précédés que d’un mordançage au tanin, évenutellement à l’alun, et éventuellement suivi de bains d’acétate de fer (vinaigre et clous ou limaille), ou de potasse (eau de cendres) 

- les bains sont utilisés de manière optimale : une seconde utilisation sert à préparer un tissu ou à en fixer un autre 

- nos teintures végétales offrent une palette de couleurs assez diversifiée et harmonieuse, comme peut l’être la nature qui nous entoure...


Liste des plantes utilisées

les « récupérées »

(dans les cuisines, grâce à l’aide de jardiniers soucieux de faire servir leurs déchets de coupe ou ramassées lors de promenades ciblées et de cueillettes en saison,...)

- les pelures d’oignons

- les écorces de grenades – Punica granatum

- le troène – Ligustrum vulgaris

- le Bouleau - Betula pendula

- le Rumex patientia

- l’armoise - Artemisia vulgaris

- les cupules de glands de chêne – Quercus

- les noix de galles de chêne - Quercus infectoria

- le frêne – Fraxinus excelsior

- les écorces de fruitiers – Prunus, de châtaigner – Castanea sativa, etc.

- l’eucalyptus – Eucalyptus globulus

...

les « invasives »

- le houblon – Humuclus lupulus

- la renouée du japon - Fallopia japonica,

- l’Ailanthus altissima

- le Sumac vinaigrier - Rhus typhina

- le Sumac des corroyeurs - Rhus coriaria

...

les « exotiques »

- la garance – Rubia tinctoria et Rubia cordifolia

- le fustet – Rhus cotinus

- l’oranger des Osages 

– Maclura pomifera

- le bois de campêche – Haematoxylum campehianum

- le rocou – Bixa orellana

- le cachou – Acacia catechu

- le gambier – Uncaria gambier

...

les « fermentées »

- le pastel - Isatis tinctoria

- l’indigo – Indigofera tinctoria

- le brou de noix